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Hôtel Bären - Münchenbuchsee
Anton Räderscheidt et sa famille arrivèrent en 1943 à
Münchenbuchsee grâce aux recommandations du
Dr. Georg Schmid, Directeur du Musée de Bâle, qu’il avait connu à Cologne
avant l’Exil. Il a voulu éviter à Räderscheidt l’expulsion imminente qui
le menaçait lui et sa famille. Il les fit sortir des camps où ils étaient
internés et les logea dans une mansarde sous la mention
« Privatinterniert », sans autorisation de travail et sans un sou, à l’Hôtel
Bären . Le Patron de l’Hôtel était aussi le Chef du Camp d’Internement de
Magliaso ou AR avait été détenu. AR avait déjà fait son Portrait à l’huile
dans le camp, par la suite il a fait le portrait de toute la famille, il a
peint la Salle de Bal puis fait des paysages de Berne et de la région.
Toutes ces peintures sont restées la propriété de la famille Kohler.
AR. écrivit dans son Journal :
» Le séjour en suisse allemande m’a été très dur du fait que je me
refusais à parler leur langage, ce qui ne facilitait pas les contacts.
L’avantage était que je passais pour un peintre Français et que les Suisses
étaient amoureux fous de la Peinture Française. »
Un
peintre étranger n’a pas le droit de vendre ses tableaux quand il vit en
Suisse, il ne peut les céder qu’à des prix de famine. Il recommence donc à
travailler, mais malgré l’admiration grandissante de sa peinture, échangée
contre des vivres, de l’alcool, des cigarettes, l’argent manquait dont il
avait tant besoin pour subvenir aux frais d’hôpital, (Ilse Salberg subissait
la
première opération d’un cancer au sein et ne bénéficiait d’aucune assurance-
maladie). Räderscheidt était aux abois.
L’Exil en Suisse représente pour AR et pour beaucoup d’autres artistes, en
dehors d’une protection et d’une liberté relative, une situation précaire
causée par l’interdiction de travailler pour les étrangers apatrides. Plus
encore, ils gardaient une vision hermétiquement close sur le monde extérieur
de la peinture. Pour Räderscheidt, solitaire de nature, cette situation
aurait dû le satisfaire, mais lui-même se sentait d’une manière
presqu’insoutenable dans un vase clos. Les contacts avec la France et
l’Allemagne, où la peinture libre ne pouvait s’exercer que dans la
clandestinité mais vivait malgré tout, étaient devenus impossibles durant
la guerre.
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C’est seulement en1946 qu’AR reprit contact avec Franz Roh. Il lui envoyait
des colis de la Suisse pour améliorer son quotidien. AR participa à une
Exposition dans la Kunsthalle de Berne en 1944:»Peintres réfugiés ». Ses
relations se bornaient à la fréquentation de Georg Schmid et depuis son
installation à Berne en 1944, à un contact avec le Fabricant de boutons et
Collectionneur, (Ami de Kahnweiler) Hermann Rupf dont il fit le portrait et
qui acheta régulièrement ses toiles.
Sans contacts avec la vie extérieure il ne lui restait possible que le
retour sur sa propre peinture. Il travailla dans l’isolement, sans aucune
stimulation et découvrit pour lui seul, de nouveau les « Modernes » pour se
mettre en opposition avec eux et se régénérer.
Le retour sur son passé, le modernisme du début du 20ème siècle,
Räderscheidt comme ses collègues l’a subi, une tendance générale relative à
la fin de la guerre mais qui l’a favorisé grâce à sa situation en Suisse où
il bénéficiait d’une certaine liberté et d’une relative aisance à
l’inverse de ses collègues Allemands qui, sous la
Dictature d’Hitler et la paralysie générale de la vie culturelle en
Allemagne n’ont pas eu cette chance.

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