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Traduction de l'article paru dans le "Pariser Zeitung"
du mardi 25 Mai 1937, signé P.W. (Paul Westheim)
Anton Räderscheidt, maitre allemand de Cologne, ayant appartenu à
l'avant-garde Rhénane à l'époque où la création n'était pas entravée par
le joug des dirigeants politiques, expose à la Galerie Billiet-Vorms
(30, rue de la Boétie, jusqu'au 1er Juin) ses tableaux des trois
dernières années. Ces trois années passées en Suisse et en France
marquent des étapes qu’ion enrichi et mûri l'œuvre de Räderscheidt.
C'est avec une discipline rigide qu'il trace les contours épurés de ses
formes en se rapprochant ainsi de l'architecture moderne de sa
génération. Il utilise une peinture où les clairs-obscurs et les
oppositions des surfaces créent un espace plastique.
Cette discipline, ce "sens constructif", comme disent les Français, avec
laquelle il transforme les surfaces en espace plastique, lui permet
d'appliquer librement ses moyens avec souveraineté nouvelle. Il ne doit
plus se priver de faire jouer le charme des couleurs, la richesse des
nuances, son trait qui lui est propre. A tout cela vient s'ajouter une
grande force d'expression, une vision plus lumineuses pleine de vie;
Il y a entre-autre, deux grandes toiles rigoureusement composées dont
l'une représente une pyramide de corps humains, magistralement
orchestrée penchant vers le baroque. Une provocation qui en dit plus
long qu'un discours! Son séjour en France a agrandi son horizon en le
libérant de la pression des frontières étroites de sa Rhénanie natale.
Il en fut ainsi de son compatriote Wilhelm Leibl qui profita de son
séjour à Paris pour se libérer de l'atmosphère surchargée des atelier de
Munich. Il est donc important de remarquer auer le changement de lieu
actuel élève l'œuvre de Räderscheidt à. de plus hautes sphères.
Il nous faut remercier la Galerie Billiet-Vorms, représentant Masereel
et Georges Grosz ainsi que les peintres et sculpteurs de la Maison de la
Culture, qui grâce à l'exposition de Räderscheidt offre à nos amis
Parisiens amateurs d'art, un témoignage de la création telle qu'on la
pratiquait’ dans l'autre Allemagne, dans l'Allemagne libre. Passant
outre les représailles de la politique du "Reichskulturkammerpräsident"
Ziegler dont nous allons voir bientôt la présentation à l'exposition
internationale, ignorant la menace de la Gestapo et les pressions
multiples des organismes culturels variés, certains artistes ont
poursuivi leur œuvre en négligeant la menace des sévères réglementations
destinées à ensevelir leur création individuelle.
P.W.
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